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Publié le 16/06/2011 à 21h47

L'ASAP répond à nos questions (2)

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ASAP

Voici la deuxième partie de l'interview d'Anne Boisset, présidente de l'ASAP, unique structure de réhabilitation de perroquets.

 

 3. Combien d'animaux avez vous accueillis ? Peut -on adopter certains de vos protégés ?

Depuis sa création, le refuge a accueilli de nombreux perroquets, certains en transit (perdus et restitués à leur propriétaires) pour cause d'hospitalisation ou décès de leur propriétaire, d'autres placés par les différentes administrations (DSV,ONCFS, Douanes...) ou mauvaises conditions de détention (maltraitance). Pour ces mêmes raisons, l'A.S.A.P. ne peut fonctionner comme la SPA qui accueille chiens et chats appartenant à la faune domestique alors que le perroquet appartient à la faune sauvage "captive" même s'il provient d'élevage (né en captivité). Il est régi par des textes particuliers du code de l'environnement réglementant sa détention. Le refuge ressemble plus à une maison de retraitre ou à un centre de soins psychologiques. Les petits pensionnaires du refuge NE SONT DONC PAS ADOPTABLES.

4. Que dit la législation sur la possession des perroquets ? Peut-on vraiment héberger chez soi un tel animal ?

La législation existe à différents niveaux :

  • Niveau international : La CITES que réglèmente la Convention de Washington et place les perroquets (et tous les animaux appartenant à la faune sauvage) en Annexe 1, 2 et 3 afin de réguler le commerce en fonction de leur population plus ou moins en danger de disparition.
  • Niveau européen : Les annexes vont de A à E et réglementent la commercialisation. Ces annexes le plus souvent s'alignent aux annexes de la Convention de Washington mais elles peuvent renforcer la proctection ou l'alléger selon les espèces nées en captivité.
  • Niveau local : Chaque pays ayant ses propres lois la France possède aussi les siennes qui protègent sa faune. En ce qui concerne les perroquets, nous avons principalement :

 

l'Arrêté de Guyane interdisant le transport et le colportage de tout ou partie de l'oiseau vivant ou mort, vivant en Guyane (curieusement le mot "vente" a été omis dans ce texte!) ce qui a permis bien des déviances.

Puis en août 2004, le commerce de nos amis ailés a été favorisé, à la grande satisfaction des animaleries et des élevages, permettant d'acquérir les perroquets les plus en danger de disparition (Annexe 1) sous certaines conditions soit : autorisation de détention et autorisation de vente en deuxième génération captive. Cet arrêté est malheureusement peu mis en application car les vendeurs évitent de donner cette information par crainte de perdre la vente et les acheteurs peu curieux, fonctionnant par "coup de coeur" pour l'acquisition de cet animal ne vont pas s'informer avant l'achat et la plupart se retrouvent "hors la loi". Il est tellement facile de fermer les yeux pourvu que le commerce continue ! D'autant qu'il est difficitle de contrôler la non application de ce décret : seuls les contrôles en animaleries pourraient l'être si les moyens et le personnel administratif étaient en nombre suffisant, ce qui n'est pas le cas. On pourrait se demander où en est la protection annoncée. N'est contrôlable que ce qui est déclaré et transparent : n'est-ce pas paradoxal ? "Pour vivre heureux vivons cachés !" c'est la devise de certains. En ce qui concerne les perroquets d'annexe 2 et 3, ils peuvent être commercialisables s'ils sont bagués fermé (preuve de la captivité) et doit être adjoint à la vente un certificat de cession prouvant l'origine de l'oiseau (une facture ne suffit pas). Je compare souvent ce document à une carte grise de voiture : sans carte grise, vous ne pouvez circuler même si vous avez acheté la voiture. Vous me demandez si l'on peut héberger chez soi un perroquet ? Je viens de vous répondre sur le plan législatif mais je vais répondre sur un autre niveau de réflexion afin d'interpeller de futurs acquéreurs. Comme je l'ai dit précédemment, le perroquet appartient toujours à la faune sauvage même s'il est né en captivité ou élévé à la main (EAM) et ne peut être considéré comme domestique, comme les chiens et les chats qui vivent depuis le début de l'humanité auprès de l'homme, ce qui n'est pas le cas pour les perroquets quoique les vendeurs aimeraient nous le faire croire. Il est certain que le fait que le perroquet soit un oiseau, nous ne pouvons répondre à ses besoins physiologiques et psychologiques malgré tout l'amour que nous sommes persuadés de leur prodiguer. C'est nous donner bonne conscience que de penser le contraire. Le perroquet est à l'antipode de nos habitudes humaines (nous sommes plus proches des mammifères que de l'oiseau pour lequel il sera difficile de s'adapter à notre mode de vie. Sommes-nous vraiment certains de son bien-être dans notre environnement ? Nous sentons-nous assez disponibles et prêts à accepter les contraintes inhérentes à la possession d'un perroquet, au risque qu'il passe sa vie en cage :

  • criard (souvent mal accepté par les voisins),
  • mordeur (c'est sa façon normale de s'exprimer),
  • destructeur (meubles ou arbres il ne fait pas la diffférence),
  • exclusif (n'accepte qu'une personne du foyer et n'accepte pas de partager son amour).

 

Le rêve de l'acheteur peut devenir cauchemar pour une personne non avertie et en conséquence faire le malheur du perroquet. Nous avons écrit un livre afin de répondre à ces différentes questions à partir de nos experiences vécues depuis plus de 20 ans auprès de nos amis à bec crochu. Ce livre, "LE PERROQUET, CET INCOMPRIS", s'adresse à tout lecteur (futur acheteur ou non) afin de faire apparaître une autre vérité et de dénier bien des certitudes.

5. Un film RIO est sur grand écran actuellement avec comme personnages principaux des perroquets. Ne craignez-vous pas une recrudescence de vente de perroquets ?

Je suis allée voir ce film RIO qui ressemble plus à un divertissement enfantin du premier degré ne laissant ni message ni réflexion. Ce film ou d'autres émissions télé ou magazines présentant ce perroquet "qui parle" est évidemment une incitation et même une excitation à la vente. A l'A.S.A.P., un appel sur deux concerne un éventuel achat d'un perroquet pour l'enfant de 10 à 12 ans, l'anniversaire du grand-père ou le cadeau de "Madame" ! Il est pour moi difficilement concevable d'offrir un animal en cadeau bien que l'animal est juridiquement considéré comme un meuble (décret du 2 janvier 1817 révisé en 1999) toujours d'actualité à ce jour!

6. Quelles sont les préocupations et les souhaits de la Présidente de l A.S.A.P.?

Mes préocupations sont aussi celles de toute l'équipe : Tout d'abord, parvenir à réunir suffisamment de donateurs et de dons afin d'assurer le couvert de nos protégés. En effet, notre budget subit la crise : l'augmentation des céréales (16 %) et des fruits entraînent de lourdes conséquences sur l'association. Nous manquons de bénévoles car les journées sont longues au refuge (10 à 12 heures par jour et 7 jours sur 7), ce qui nous laisse peu de temps pour entreprendre des actions à l'extérieur sans compter le secrétariat. Nous recherchons une personne compétente dans la communication afin d'élargir nos champs d'action et faire connaître l'A.S.A.P dont la difficulté est sa spécificité dans le domaine de la condition animale, et en conséquence elle ne sensibilise qu'un public averti et plus restreint. Le perroquet, si chacun veut se donner la peine de porter sa réflexion au delà de l'oiseau captif, nous interpelle sur le devenir de notre planète et sur la conservation du patrimoine écologique au même titre que la disparition des abeilles ou des indiens Kayapos (tribu de Raoni) en Amazonie. Confucius, philosophe chinois a dit : "Celui qui pense que ce qui est lointain n'existe pas portera le chagrin dans sa main". Le monde actuel lui donne raison et je pense que les actions des associations valent mieux que les palabres politiques. Pour ma part, je pense que le rôle d'une association est de rétablir certaines valeurs perdues. Nos souhaits pour l'avenir sont : - Se faire davantage entendre par nos élus et nos administrations pour la pérénité de l'A.S.A.P. - La posibilité d'un mécénat afin d'agrandir le refuge et réaliser notre projet pour accueillir davantage de perroquets en détresse (le coût de construction du projet est de 980 000 euros). - Avoir un budget suffisant qui nous permettrait d'embaucher un soigneur à plein temps. Actuellement le budget est a 85% utilisé pour la nourriture et les soins de nos petits pensionnaires, les 15% restants pour les frais administratifs et d' entretien. En effet le refuge ne fonctionne que grâce à nos donateurs et ne reçoit actuellement aucune subvention, ni aide exceptée celle de ACTUANIMAUX qui permet de palier la crise de l'augmentation des graines et d'assurer l'année de nourriture pour certains de nos protégés et améliorer leur quotidien. Moi-même et toute l'équipe de l'A.S.A.P nous remercions ACTUANIMAUX et ses internautes .

Source :

Actuanimaux

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