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Publié le 09/02/2012 à 23h46

Adada : une interview de la Présidente

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ADADA

Marinette, Présidente de l'ADADA, se confie sur la période difficile que traverse l'ADADA et l'action qu'elle mène en faveur des ânes.

1) Les cliqueurs d'Actuanimaux se sont fortement mobilisés pour l'ADADA. 17 000€ sont réunis. Quelle est votre réaction à cette mobilisation?

Beaucoup, beaucoup d'émotions face à cette mobilisation! Tout d'abord, un grand soulagement. J'étais tellement inquiète à l'idée de ne pas pouvoir protéger les ânes du refuge que j'en avais perdu le sommeil. Une angoisse terrible, à laquelle s'ajoutait la peur de ne pas réussir à trouver l'argent pour régler les factures vétérinaires qui s'amoncelaient en ce début d'année. Nous avons vraiment pensé qu'il allait peut-être falloir fermer le refuge, abandonner ce merveilleux projet. Cette idée me rendait malade... Et dans ce cas, que seraient devenus nos 300 protégés ? Alors, apprendre que grâce à vous, nous allions pouvoir vacciner tout nos animaux, et faire face à une partie de notre dette, cela a vraiment été un immense soulagement ! Une belle surprise aussi, je dois le dire. Car jamais, en adressant ce SOS à Actuanimaux, nous n'aurions imaginé une mobilisation d'une telle ampleur ! Bien entendu, nous savions que Nicolas et Sophie feraient le maximum pour nous aider, comme c'est le cas depuis 2 ans, et nous connaissions l'intérêt de très nombreux cliqueurs pour notre action, leur amour pour nos ânes. Mais jamais nous n'aurions imaginé que la mobilisation puisse être d'une telle ampleur. Une aide aussi rapide, un montant aussi important … je n'en croyais pas mes oreilles quand l'équipe d'Actuanimaux nous a annoncé la bonne nouvelle! C'est aussi très émouvant, et très réconfortant. Car je dois dire que, comme beaucoup de personnes investies dans la protection animale, il arrive que je me sente seule. Il y a tant à faire pour les animaux, et, malgré tout, leurs souffrances sont ignorées de beaucoup de nos semblables. Nous faisons souvent face à l'indifférence, voir au mépris. Alors, constater que tant de personnes peuvent se mobiliser, si fortement et si rapidement, pour sauver nos ânes, c'est très réconfortant. Nous nous sentons moins seuls. Cet élan de solidarité est la preuve qu'il existe des personnes qui aiment profondément les ânes, et qui sont capables de sacrifices pour les aider. Cela fait chaud au coeur. C'est important, car sur le terrain, nous sommes souvent au bord du désespoir. Nous nous sentons tellement démunis face aux animaux qui souffrent, aux clôtures à faire et à refaire, aux intempéries, au manque de moyens, à la fatigue... Merci mille fois à vous tous : votre mobilisation nous aide beaucoup, non seulement financièrement, mais aussi moralement.

2) Grâce au vaccin, les ânes seront-ils définitivement sortis d'affaire ?

Une fois le rappel effectué (la 2e injection), dans 3 semaines, nos ânes seront hors de danger pour une durée d'un an (tout au moins ceux qui n'auront pas été infectés avant leur vaccination...) Bien évidemment, tous les ânes du refuge devront dorénavant être vaccinés chaque année contre cette maladie (un poste de coût important qu'il va nous falloir anticiper …) De plus, à compter d'aujourd'hui, chaque nouvel arrivant sera vacciné avant même son entrée en quarantaine.

3) Comment sera utilisée cette somme?

12 000 € sont dors et déjà investis pour payer les vaccins (la primo injection + le rappel). Le coût des deux injections est de 40 € par âne … multiplié par 300! Les 5 000 € restant vont nous permettre de payer un tiers des factures vétérinaires liées à la vague de décès que nous avons du affronter en décembre-janvier. Nous ne savions vraiment pas comment régler ces factures, donc nous sommes très heureux de savoir que le problème est réglé pour une partie d'entre elles! En décembre a en effet commencé pour nous une période très sombre. Huit de nos ânes sont morts. Deux d'entre eux étaient très âgés: Bijou, mon premier âne, qui avait 45 ans, et Anette du fou, une des toutes premières pensionnaires du refuge, qui avait fêté ses 46 ans. Deux autres étaient en mauvaise santé: Vicky (pour laquelle nous pensions bientôt vous demander de l'aide, via une opération de parrainage sur Actuanimaux), et Blanco, affaibli lui aussi. Mais le décès d' Ulysse, Tiger, Macho et Loulou a soulevé beaucoup d'interrogations et d'inquiétude, et reste en grande partie inexpliqué. Nous avons consulté plus de cinq vétérinaires, contacté les écoles vétérinaires, le Donkey Sanctuary, la DSV …. Suivant leurs différentes recommandations, nous avons fait faire une cinquantaine d'analyses ( le foin, les carottes, l'eau, les granulés et céréales, mais aussi les crottins et les fibres musculaires des ânes décédés!). Nous avons craint une myopathie atypique équine, une terrible maladie, mortelle, transmise par des moisissures qui se développent sur les sols humides par temps doux. Les analyses n'ont rien révélé, certaines se sont même avérées contradictoires! (Concernant Loulou nous attendons encore les résultats des dernières biopsies). Il est probable qu'il y ait eu en fait plusieurs facteurs déclenchants, en lien avec l'automne particulièrement chaud que nous avons connu, la douceur excessive favorisant le développement de multiples bactéries potentiellement nocives, et l'organisme des animaux étant mis à l'épreuve pas cette température inhabituelle... Au final, le diagnostic de rhinopneumonie intervenu fin janvier est indiscutable pour notre petit ânon Bouchon. Mais quant à savoir si les décès intervenus le mois précédent sont dus, au moins pour une partie d'entre eux, à cette maladie, il n'est pas possible d'en être certain. En revanche, ce qui est certain, c'est que les factures se sont amoncelées : entre les visites des vétérinaires, les animaux mis sous perfusion pour essayer de les sauver, et toutes les analyses en laboratoire, nous avons eu plus de 15 000 € de frais. C'est pourquoi les 5 000 € qui ont pu être collectés en plus du montant des vaccins nous seront d'une aide précieuse.

4) Y-a-t-il de nouveaux ânes ayant déclaré la maladie? Combien de décès avez-vous eu à déplorer jusqu'à maintenant?

Depuis que nous savons Bouchon atteint de rhinopneumonie, nous avons fait faire des analyses ciblées sur tous les ânes malades. A ce jour, notre petit Bouchon semble aller mieux: il réagit positivement au vaccin, son corps développe des anticorps, ses analyses de sang sont meilleures. Nous sommes encore souvent obligés de le lever le matin, mais une fois debout il passe sa journée sur ses quatre jambes, il mange bien, et semble reprendre le moral (il était arrivé très abattu et extrêmement maigre). Wictor, lui aussi, est malade depuis quelque temps: il faut le lever tous les matins, il n'y arrive plus seul. Bambou, un autre ânon, du même âge que Bouchon, rencontre des problèmes similaires: difficultés à se lever, fatigue, abattement. A ce jour, son état est stationnaire. Enfin, Ignace, que vous avez aidée via vos clics sur Actuanimaux, nous donne beaucoup de soucis: elle n'est vraiment pas en forme, ne peut plus se lever seule... C'est une ânesse fragile et pas toute jeune, qui a de lourdes séquelles d'un passé de maltraitances. Il est possible que Wictor, Bambou et Ignace soit tous les trois atteints par la rhinopneumonie, mais nous n'avons aucun moyen de nous en assurer : en effet, ayant tout trois été vaccinés, leurs organismes sont porteurs d'anticorps, donc les tests ne nous apprendraient rien... De toute façon, il n'y a pas d'autre traitement que le vaccin, alors nous essayons simplement de les surveiller, les lever, les soutenir … et espérer ! Nous avons par ailleurs eu à déplorer deux autres décès en ce début d'année, mais ils semblent sans rapport avec cette maladie: Princesse (la maman de Loupiote que vous avez vue sur Actuanimaux), qui était une ânesse de santé fragile, éprouvée par un passé difficile, et Léon, un bel âne mort subitement avant-hier, sans qu'il soit possible de faire le moindre rapprochement avec la maladie.

5) La vague de froid actuelle est-elle un facteur positif dans cette épidémie ou au contraire présente-t-elle un risque d'aggravation ?

Si le froid, qui «endort» les bactéries, est un facteur positif pour nombre de maladies, telle la myopathie atypique équine (que nous avions craint), il n'a à ma connaissance pas d'impact positif sur la rhinopneumonie. J'aurais même tendance à penser que le froid intense, qui fatigue l'organisme, peut rendre encore plus vulnérables certains de nos protégés dont la santé est fragile. Nous administrons d'ailleurs à tous nos ânes, de manière préventive, un traitement de fond visant à renforcer leurs défenses immunitaires.

6) Quel message souhaiteriez vous adresser à nos cliqueurs?

Avant tout un immense merci pour leur aide! Nous leur sommes profondément reconnaissants. Je souhaite également leur dire que, pour ceux qui le peuvent, nos ânes les attendent au refuge, pour un petit bonjour, une aide lors des journée bénévoles, ou, pourquoi pas, le choix d'un filleul? Il y a des possibilités d'hébergement sur Ambert et à proximité, et nos 300 ânes sont toujours très heureux d'avoir de la visite...

Source :

Actuanimaux

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