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Publié le 12/06/2013 à 10h08

Urgences abattoir : les désillusions d'une bénévole

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Actuanimaux

Non, toutes les associations pour la protection des chevaux ne sont pas à mettre dans le même sac et nous ne devons pas généraliser. A côté de celles qui font un travail remarquable et s’inscrivent dans une authentique démarche de protection animale, d’autres n’hésitent pas à faire du commerce sur le dos des chevaux sans se soucier de leur devenir sur le long terme ni même, dans l’exemple que nous donnons, sur le court terme. Ce témoignage d’une bénévole lève le voile sur certaines pratiques douteuses qui doivent alerter les donateurs.

Valérie, appelons-la ainsi, a été bénévole dans une association de protection des chevaux. Une de ces associations qui ont fleuri depuis deux ou trois ans, s'improvisant dans le sauvetage d'équidés, sans grande expérience, mais se positionnant surtout dans une niche potentiellement lucrative.

Celle dont il est question, en moins d'une année, utilisant les réseaux sociaux, a acquis une grosse visibilité sur internet sauvant des chevaux à tour de bras grâce aux dons des internautes. Aujourd'hui, Valérie répond aux questions d'Actuanimaux. 

1. Qu'est-ce qui vous a mené à vous engager dans cette association ? 

J'ai découvert cette association au printemps 2012 par le biais de facebook et j’en étais proche géographiquement. J’ai été séduite par l’engagement de personnes très jeunes dans ce secteur de la Protection animale

Je suis rapidement devenue adoptante, adhérente et bénévole.

2. Lorsque vous nous avez contactés, vous nous avez parlé des pratiques de cette association. Pourriez-vous nous en dire plus ? 

L'association s'est fait prêter un terrain et a procédé à de nombreux appels aux dons pour accueillir de plus en plus de pensionnaires. Les chevaux étaient rachetés à un marchand bien connu des associations qui pratiquent le sauvetage boucherie, majoritairement des chevaux ou poneys montables. Ils ne voyaient pas systématiquement un vétérinaire à leur arrivée. Ils ne recevaient pas non plus systématiquement un vermifuge.

Il n'y a pas de visite post adoption effectuée par l'association : les adoptants envoient des nouvelles ou des photos. Pas non plus de questionnaire pré-adoption à remplir.

Pour les urgences boucherie, les adoptants passent par l'association pour la charte d'adoption mais paient et vont chercher leur équidé directement chez le marchand, l'association ne sait de ces urgences que ce que le marchand veut bien en dire puisqu'elle ne se déplace pas pour aller voir les chevaux.

3 - Bien que très jeune, cette association a très vite pu compter sur la générosité du public. Comment l'argent était-il utilisé ?

Il ne faut pas perdre de vue que chaque équidé a été acheté et transporté grâce à l'argent récolté lors des appels aux dons effectués sur les réseaux sociaux. 

Le prix de certains chevaux en bon état (montables, jeunes, en bonne santé) était augmenté par rapport au prix de rachat au marchand et la présidente nous disait que c'était pour créer une balance budgétaire avec ceux qui coûtaient de l'argent en soins ou revendus moins cher que l'achat car vieux ( très rare) ou blessés (rare également), nous avons cru la chose de bonne foi car nous ignorions de quelle trésorerie disposait l'association.

On a ainsi vu des poneys rachetés 400 euros au marchand et revendu plus de 800 euros sans avoir coûté autre chose à l'association qu'une visite vétérinaire et parfois un parage !

L'association travaille également avec un éleveur de chevaux à viande, chaque année elle revend donc des poulains nés pour la viande sous prétexte de sauvetage boucherie avec des délais courts (qui étrangement se rallongent chaque fois qu'un poulain n'est pas placé dans ce fameux délai) les poulains sont vendus en espèce ou par mandat cash, sans facture et non pucés sauf si l'adoptant exige de le faire pucer à ses frais avant le transport. 

Pour les chevaux accueillis sur le terrain de l'association, avec l'hiver les soucis ont commencé !

Chevaux nourris de façon insuffisante, car pas toujours de quoi faire de rations correctes à disposition, sabots dans un état lamentables, remplis de seimes sans qu'un maréchal soit appelé, gale de boue non soignée, chevaux de type Pur Sang exposés aux intempéries sans couvertures ni abris, et des appels aux dons toujours plus importants pour la nourriture ou les frais vétérinaires. 

Avec d'autres bénévoles, nous avons commencé à demander des comptes et quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que la trésorerie de l'association était florissante, tout était payé, alors que plusieurs chevaux auraient eu besoin de soins adaptés qui ne leur étaient pas dispensés, qu'ils n'avaient pas de couverture adéquate, que certains perdaient de l'état à vitesse grand V etc... Et surtout rien ne justifiait l'augmentation du prix de certains chevaux pour créer cette fameuse balance budgétaire ! 

5. Vous avez essayé de dénoncer l'action des dirigeants de cette association. Qu'avez-vous fait et comment cela s'est terminé ? 

Devant nos requêtes et nos interrogations de plus en plus pressantes, la présidente s'est empressée de faire disparaître les deux dernières pensionnaires en les mettant dans une pension en Centre Equestre (est-ce le but d'une association de sauvetage de payer des pensions en CE plutôt que de trouver des familles adoptantes ?).

On nous a débouté de notre statut de bénévoles car nous avions une fois de trop remis en cause le fonctionnement : en venant nous occuper des deux juments qui restaient encore à adopter, nous avons trouvé l'une des deux au sol, baignant dans sa propre urine, ration non touchée, elle faisait un bouchon, elle avait une forte fièvre et la présidente n'avait rien vu alors qu'elle était venue la nourrir une heure avant !

Nous avons appelé le vétérinaire en urgence qui nous a informés que la fièvre datait sans aucun doute de plusieurs jours mais ça a été la fois de trop pour nous car nous avions déjà été confrontés à une urgence vétérinaire deux mois avant et il avait fallu alerter 3 jours durant pour qu'un vétérinaire soit appelé !

Nous avons demandé la tenue d'une Assemblée Générale Extraordinaire, demande restée sans réponse, nous avons donc procédé à une demande formulée par un quart des adhérents et exigeant l'AGE pour éclaircir les problèmes... Pour toute réponse, nous avons reçu un courrier de leur avocat nous signifiant notre bannissement pur et simple ! 

6. Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

J'ai passé plusieurs mois à aider cette association et tout ceci n'est qu'un aperçu des choses vues et vécues...le constat est amer pour ma part.

Très investie dans la Protection Animale, je remets totalement en cause ce type d'associations qui bénéficient d'une large audience via les réseaux sociaux et jouent sur la sensibilité des gens pour obtenir des dons considérables mais n'assurent aucun suivi des adoptions et sont totalement incapables de s'occuper correctement des chevaux accueillis ! Je vous rappelle que l'association a été créée il y a à peine un an.

Source :

Actuanimaux

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