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Publié le 21/09/2014 à 00h00

Témoignage : l'adoption d'un bon petit chat abandonné, devenu méchant bien malgré lui

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Cambrousse

Une cliqueuse nous a envoyé ce texte émouvant racontant l'adoption d'un chat aujourd'hui heureux mais qui ne l'a pas toujours été et dont elle reconstitue le parcours.
Un chat qui craint les petits d'hommes, un chat qui a été sans doute tourmenté par un enfant inconscient du mal qu'il faisait, sous le regard de parents peu préoccupés de l'éduquer au respect animal...
L'histoire classique d'un animal qui n'en peut plus, finit par se rebiffer, ce qu'on lui fait payer très cher...

 

 

"Cambrousse", cliqueuse, a tenu la plume pour son chat Bon Gros reconstituant l'histoire affreusement banale d'un chat abandonné , qui paye le prix fort l'irresponsabilité d'humains pressés, qui ont mieux à faire que de comprendre la psychologie d'un chat...C'est un beau récit tout en sensibilité et en tendresse d'une histoire qui se termine bien après avoir si mal commencé...

Je suis un chat. Ben, oui, un chat. Je suis un chat heu-reux ! mais ça n'a pas toujours été comme ça... 

Un chat prisonnier d'un jeune maître tyrannique  

"Cela n’a pas été toujours le cas. Quand j’étais un chaton j’ai beaucoup souffert. J’appartenais à une famille d’humains dont un petit garçon qui me tripotait tellement, jouait trop avec moi, me manipulait, me posait, me reprenait, me mettait sur le dos, me serrait contre lui et cela me faisait mal partout.

Je disposais d’un joli panier avec un coussin. Je savais aller faire mes besoins dans la petite caisse proche et je grattais pour les recouvrir.

J’étais un bon petit chat...

La nuit et pendant certains moments de la journée j’avais la paix. Je me reposais, mes courbatures s’atténuaient, mais… surgissait le petit garçon et mon calvaire recommençait. 

Je miaulais bien sûr, mais il ne voulait rien comprendre.  J’étais son  jouet.

Cela a duré très très longtemps. Je grandissais car j’avais une bonne nourriture et à boire.  Je ne pouvais pas m’enfuir, j’étais dans un appartement. J’ai exploré les lieux quand il n’y avait personne, mais les pièces étaient closes.

Puis la famille revenait et le petit garçon reprenait ses jeux : il me faisait marcher sur les pattes arrières en me redressant, tirant sur mes pattes avant. Puis il faisait le contraire, il levait mes pattes arrières  et me faisait marcher sur les pattes avant. Je m’écroulais, ma tête heurtait le sol. Je miaulais de détresse.

Parfois la maman criait : «  Arrête ! laisse  ce chat tranquille ! » Parfois le petit garçon obéissait… et j’allais me reposer dans mon panier.

Quand tout bascule car le chat souffre douleur se rebiffe 

Et je suis devenu un grand chat. Un jour que le petit garçon me faisait trop souffrir je l’ai griffé. Il a hurlé et m’a lâché.

« Tiens, tiens, me suis-je dit, si je griffe on me fiche la paix ! »

Alors un jour je l’ai encore griffé. Quelques temps plus tard, un jour qu’il abusait vraiment je l’ai griffé très fort sur le bras.

J’ai entendu les parents dire que je devenais dangereux.

Un lâche abandon pour toute réponse, l'errance d'un chat terrorisé 

Un jour le papa  m’a enfermé dans une petite cage et m’a mis dans leur voiture. J’étais dans le coffre, c’était tout noir, je sentais qu’on roulait. Je découvrais tout cela, ce n’est que longtemps après que j’ai compris.

Et, il m’a fait sortir de la cage dans un endroit inconnu et la voiture est repartie.

Au dessus de moi… pas de plafond mais l’immensité du ciel. Au sol  des matériaux que je ne connaissais pas, j’ai su par la suite que c’était de l’herbe.

J’étais terrorisé.

J’ai marché, je me heurtais à de grandes plantes, je contournais des troncs d’arbres. Au dessus de moi passaient des choses volantes, j’avais peur. J’ai compris ensuite que c’était des oiseaux et qu’ils ne me voulaient pas de mal.

J’ai erré longtemps, je mourais de soif et de faim.

J’ai dormi dans l’herbe. Puis j’ai aperçu des animaux étranges, j’ai senti qu’ils pouvaient me vouloir du mal, je me suis enfui et instinctivement j’ai grimpé à un arbre. J’étais sauvé, ceux qui me poursuivaient ne savaient pas grimper !  J’étais très fier de moi.

Et j’ai encore erré, j’ai trouvé une  source ; quel bien cela m’a fait d’étancher ma grande soif.

Dans une forêt j’ai vu un homme qui coupait du bois. Je l’ai regardé en me cachant. Puis il s’est assis et il s’est mis à manger de la nourriture qu’il sortait d’un sac. Je me suis approché, il m’a parlé :

« Qu’est-ce que tu fais là Minet ? »

 Le ton était affectueux alors j’ai osé venir auprès de lui. Il m’a lancé des petits bouts de fromage. Je ne connaissais pas ce goût, mais je crevais de faim et j’ai tout englouti. L’homme s’est exclamé :

« Y a longtemps que t’as pas bouffé hein ? »  et il a ronchonné :  «  Je parie que ce sont des salauds qui t’ont largué pour partir en vacances ? »

Il m’a donné encore quelque nourriture.  Je suis retourné à la source m’abreuver. Le lendemain et quelques jours suivants je suis revenu auprès de l’homme. Il m’a encore donné un peu de son casse-croûte.

Le froid, la faim, la peur pour ce chat perdu qui apprend la survie 

Un violent orage a éclaté, il a plu pendant plusieurs jours et plusieurs nuits et l’homme n’est pas revenu, mais je ne l’oublierai jamais, il m’a fait comprendre que tous les humains ne sont pas sans cœur.

La nuit je me réfugiais dans un arbre, j’étais tout mouillé.  Le jour je voyageais un peu et j’ai découvert que je pouvais attraper des souris.

Le sol s’est recouvert de neige, un village était proche….heureusement. J’ai trouvé refuge dans un hangar. J’avais souvent froid. Toute nourriture était rare.

Ce fut une longue période très éprouvante. J’avais du mal à trouver des souris, il est vrai que je ne suis guère doué. 

Des gens me chassaient, me menaçaient, me criaient : «  Va-t-en saleté ! »

J’ai dû passer plusieurs saisons dans des sortes de granges, des cabanes, allant quêter quelque nourriture oubliée. Je n’ai pas connu beaucoup de chats, certains m’interdisaient d’approcher leur territoire, d’autres étaient sympas mais ne pouvaient pas m’aider.

Quand un chat S.D.F. désespéré, devient Beau Gros

Puis j’ai rencontré une femme qui a du remarquer ma maigreur et mon anxiété : elle m’a apporté un bol de pain trempé dans du lait tiède en bordure de la haie. Que c’était bon !

Je retournais dormir dans un grenier abandonné mais je revenais dans le jardin de cette femme et elle m’offrait tous les jours une bonne ration de nourriture. Elle améliora même ce pain trempé en le mélangeant à du pâté.

Il me semblait qu’elle avait un peu peur de moi, c’est vrai que je suis très grand. Et j’ai grossi un peu grâce à elle, j’en avais bien besoin.

Lorsqu’elle a voulu me caresser je n’ai pas bougé, j’en frémissais, je ne savais pas vraiment  ce qu’était une caresse ; des réminiscences de crainte m’envahissaient : allait-elle jouer avec moi comme le faisait le petit garçon ? 

Peu à peu on a fait connaissance et on s’est fait confiance mutuellement.

J’ai voulu lui montrer mon affection : je venais de trouver une grosse souris écrasée sur le chemin encore enneigé.  Je la lui ai apportée, je l’ai déposée à ses pieds, je me suis assis et je l’ai regardée dans les yeux. Elle a compris que c’était un cadeau et m’a dit :

«  Tu as gagné !  Viens, entre… si tu veux tu habiteras là ! »

Il faisait une bonne température dans cette maison. Et depuis ce jour c’est le bonheur !  Les premiers temps je me faisais discret, puis j’ai constaté que je pouvais monter sur un fauteuil, puis changer de fauteuil, puis aller sur le canapé !  J’en avais le droit !

Je dévorais tout ce qu’on mettait dans l’écuelle qui m’était destinée. 

 Cette crainte de me retrouver en détresse et de crever de faim ne me quittait pas alors je mangeais trop.

Elle me nomma Beau Gros. J’aime ce nom car quand elle le prononce, ça ronronne, Beau Gros, Beau Gros….

Des visiteurs vinrent  chez cette dame et j’ai compris qu’elle s’appelait Salucommentuva. Je les entendais dire : «  Ouah ! quel grand chat, on dirait un lynx. »  ou  bien «  Il marche comme un tigre ! » Je ne sais pas à quoi ressemble un lynx ni un tigre, mais ces mots étaient prononcés sur un ton qui me semblait admiratif.

Salucommentuva  avait  déjà deux chattes, la Chaussette et la Chochotte, et de ce fait il existait  une chatière, j’ai compris très vite que c’était la porte. Je sors au jardin autant que je le veux, je rentre quand je veux ! C’est cela la liberté, la belle vie pour un chat.

Chaussette fait des manières, je vois bien elle voudrait que je  coure derrière, elle se sauve, mais pour l’agacer je tourne la tête et je ne fais pas de cas d’elle, pourtant elle est belle, grise et blanche avec des dessins autour des yeux et un petit museau charmant !

 

Chaussette, minette dissipée 

La Chochotte est toute noire avec de grands yeux d’or, elle est plus calme, mais elle m’a fait comprendre que c’est elle qui commande.  Je m’en fiche, je suis cool… surtout depuis que Salucommentuva m’a fait castrer. Elle m’a emmené en voiture, je n’ai pas été maltraité du tout, j’ai été endormi et je me suis réveillé avec un petit bout en moins mais très zen.

J’aime regarder Chochotte de derrière : elle marche comme si elle avait des chaussures à talons hauts, un peu en croisant les pattes et j’ai plaisir à regarder sa queue dressée formant un point d’interrogation. Vous voyez ce que je veux dire ?

On a nos trois écuelles alignées, l’heure des repas est une trêve, même Chaussette ne se sauve pas.

La neige a fondu ; l’herbe verte est réapparue, il fait aussi doux dehors que dedans.

Je n’ai jamais fait une saleté, jamais mes besoins dans la maison, je vais à l’autre bout du jardin derrière un arbuste et je gratte la terre.

Je suis un chat propre. Salucommentuva ne me fait jamais souffrir, j’aime quand sa main glisse tout au long de mon dos, quand elle me gratouille la tête, elle me parle : «  T’es un Beau Gros, t’es un gros paquet de chat, t’es beau et t’es gros. »  C’est doux à entendre tout ça.

C’est vrai qu’elle  m’affuble parfois de toutes sortes de noms : « mon gros paquet, mon paquet de chat » mais j’accepte tout.

Elle fait la même chose avec les chattes.  A la Chaussette elle dit «  Ma grosse-grosse… t’es une chaussette, y a même pas la paire, mais tu n’y peux rien ! »

Cette Chaussette est tout de même spéciale, sa meilleure copine c’est…. la chienne des voisins, Wuska ! 

Elle va se blottir dans ses pattes !  Remarquez cette Wuska a des côtés sympas, elle me laisse traverser son pré. Bon, elle fait semblant de me poursuivre, mais je sais que c’est sans danger. A la Chochotte, Salucommenttuva  dit : «  Vous êtes la meilleure des chattes, vous êtes la plus belle des chattes, vous êtes très belle !   »  Ouais, elle lui dit « vous » sans doute parce qu’elle est chochotte.

Il y a quelques règles à respecter : ne jamais monter sur la table.  Savoir que seule la Chochotte a le droit de dormir la nuit avec Salucommentuva.

J’en reviens à la Chaussette, fait-elle exprès ? Elle n’a pas compris le jeu de « chat perché » ? Quand elle monte sur une chaise par exemple, je ne la poursuis plus.  A vrai dire je ne la poursuis pas vraiment, je fais « hop ! » sur à peine un mètre, elle ne devrait pas en faire une histoire. Dehors, d’accord, je coure un peu derrière elle dans le sentier me dissimulant parfois derrière les buissons de fleurs,   je sais, je ne devrais pas. Salucommentuva  me dit :

 «  Beau Gros t’es vilain ! »   et parfois elle ajoute : «  C’est vilain d’être vilain »

Et comme je l’adore j’essaie de ne plus être vilain. Je supporte tout d’elle, elle est si belle. Un jour, derrière elle, le soleil brillait et l’entourait la rendant rayonnante. Je me suis frotté contre ses jambes essayant de lui dire combien je l’aime.

Beau Gros, un chat en adoration devant sa maîtresse

Elle semble comprendre chacun de mes gestes. Pourtant récemment j’ai senti que Salucommentuva était triste, stressée.  Pour lui montrer que je la soutenais je suis allée sur ses genoux plus souvent ; normalement j’y vais une fois par semaine et je ne reste que quelques minutes, je sais que je suis lourd.

Mais là, pour tenter de consoler  ma chère Salucommentuva je me suis couché avec tendresse sur elle, je l’ai regardée… elle m’a regardé et elle a murmuré : «  Tu as du chagrin mon Paquet ? Alors viens, raconte- moi »

Et je ne sais pas parler comme elle, je n’ai pas su lui dire que je la comprenais, que je savais que c’était elle qui avait besoin de réconfort.  J’ai essayé, mais je n’ai pu dire que «  Rouaooo ».

Elle m’a caressé. Je me suis calé contre sa poitrine et nous sommes restés ainsi de longs moments.  J’espère vraiment lui avoir remonté le moral.

Une chose me désole je ne sais pas ronronner, je n’ai jamais pu le faire quand j’étais petit et… je ne sais pas

Voici l’été, on peut se promener plus loin dans les champs. Les deux chattes savent attraper des mulots, des souris, et moi pas tellement, j’ai un peu honte.

On peut aussi dormir au soleil sur la terrasse ou à l’ombre dans le jardin.

J’oubliais de vous dire que quand Salucommentuva va pendre du linge dans le jardin, je l’accompagne, je sais qu’elle apprécie car elle me parle. Je me roule à ses pieds.

Je suis heu-reux !         

Epilogue et hommage à Chochotte : 

" Chochotte qui allait bien quand le texte a été écrit, vient de mourir, blessée puis anémiée en peu de temps; elle avait 16 ans mais aurait pu vivre encore quelques années car elle était fringante avant cet accident  - Un chat du  village  était passé dans un moteur et a perdu la raison et il a attaqué la Chochotte.

Beau Gros l'a beaucoup cherchée... beaucoup, j'ai du lui administrer quelques soins contre le stress, il va mieux et il sympathise mieux avec la Chaussette. Les chats ont des sentiments. "

Chausette, fleur bleue

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Source :

AA Cambrousse

Contributeur Sophie - Equipe Actuanimaux

Sophie - Equipe Actuanimaux

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