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Publié le 18/03/2017 à 00h00

Témoignage de Laure : comment j'ai sauvé et sociabilisé Everest et 2 autres chatons orphelins - 2 ème épisode

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Laure de C

Sauver Everest c'était se transformer en maman chat, l'éduquer, lui donner les clés pour être un chat équilibré, autant que possible sans carences affectives afin qu'il ne soit pas caractériel comme cela arrive trop souvent aux chatons biberonnés.

Dans cet épisode numéro 2, après avoir assumé l'urgence et sauvé quelques grammes de vie, de nouveaux challenges sont à relever. Une histoire vraie, émouvante et d'une pédagogie bien utile pour quiconque est confronté à la prise en charge d'un bébé chat orphelin non sevré, dont toute l'éducation est à faire !

Laure a écrit en faisant patte de velours, avec tout son amour et son instinct de maman chat accomplie...

N'oublions pas qu'Everest est toujours l'objet d'un avis de recherche dont le lien figure en fin de ce témoignage.

 

 

Everest et son éducation sans sa mère. Un bon élève…

Eduquer son chat commence par l’éducation que le chat vous donne. Une forme de philosophie !

Everest m’apprit l’importance de ronronner, de « pattouner » et de certaines expressions et postures. Ce joli bruit dont on ignore encore aujourd’hui comment les chats le produisent, vous emmène dans une autre dimension, si vous savez vous laisser aller, hors toutes réflexions humaines. Ah bien sûr, je ne puis ronronner et je le regrette vraiment, mais je puis rentrer dans le rythme et « pattouner » moi aussi, garder le visage calme et serein avec ce regard mystérieux et clignant de temps en temps lentement les yeux, ce qui veut dire « je t’aime, tout va bien » en langage chat, puis se frotter joue contre joue.

Chut, pas de mots ! Tout est dans l’instant, la posture, le geste, la douceur aussi.

Penser chat, une démarche indispensable 

Je vois souvent les maitres en anthropomorphisme face à leur animal. Je crois qu’il est important au contraire de tenter de penser « chat » si vous voulez éduquer votre chat tout en faisant son bonheur. De même pour les chiens et autres animaux dits domestiques, chacun restant fidèle à son espèce, qui humaine, qui animale en conservant la dignité et respectant les natures de chacun.

Cependant, amenés à vivre sous le même toit, une éducation adéquate facilitera la vie de tout le monde.

Pour le chien, former une meute, avec ses lois.

Everest sans sa mère devait donc être éduqué par… moi… Les premiers temps, je le faisais dormir dans la caisse de transport dans ma chambre et non seul dans la nurserie de la salle de bain. Faisant d’une pierre deux coups, j’habituais ainsi quelque peu ma chienne de chasse à ce nouvel habitant, son odeur, ses bruits. Car une « meute » dort ensemble (plus au prochain épisode). Avant de dormir, je « pattounais » avec Everest, puis je le couchais dans sa caisse de transport, réveillée par les tétées qui s’espacèrent, Everest prenant rapidement - ouf - un rythme de jour et de nuit.

Si je devais m’absenter, je laissais Everest en sécurité dans sa nurserie et il apprit à rester seul, comme la nature le veut lorsque les mères partent chasser dans la nature

Utiliser la litière… Secrets d’alcôve.

Lorsqu’il s’agitait dans sa caisse, je le prenais vite à la salle de bain, je le posais sur le sable de la boite de taboulé nous servant de litière tout en m’asseyant moi-même sur les toilettes juste en face de lui. Je n’avais pas trouvé mieux que de « lui montrer » pour apprendre à être propre. Il ne faisait que pipi au début car pour la grosse commission, il lui fallait encore les massages. Mais pour le pipi cela marcha bien et je lui montrais aussi comment recouvrir avec le sable. Rapidement nous fûmes assez « synchrones » et dès que je l’emmenais « aux toilettes » il se mettait en posture accroupie tout mignon avec sa petite queue toute droite et me regardant dans le yeux comme un bon élève, et hop cela marchait comme sur des roulettes, Bientôt il ne fit plus rien en dehors de sa litière et s’appliquait à recouvrir avec beaucoup, beaucoup de zèle des minutes entières en long et en large pour ne rien négliger.

Le sevrage

Je ne sais plus à quel moment nous avons commencé à présenter quelques croquettes à Everest. C’est en cherchant à téter mes mains qu’il a découvert que c’était bien bon aussi. Le sevrage se fit donc très lentement, en diminuant les quantités de lait contre l’augmentation des croquettes. Il ne mangeait pas les croquettes dans une écuelle au début mais sur mes mains. Aucune autorité, Everest a suivi son rythme et ses envies, ainsi le passage à la nourriture solide se fit tout en douceur pendant les vacances et tout naturellement, il cessa de téter dans les temps préconisés par le vétérinaire, mais nous avons toujours continué à « pattouner ».

Sur la photo vous pouvez voir la fourrure dont je me servais pour le sécuriser. J’avais aussi des boites de glaces vides et propres sous la main avec un gant tiède humide et essoré pour la toilette remplaçant le léchage de la mère, une brosse douce, beaucoup de rouleaux de papier, les biberons, les croquettes, des alèses et un tablier. Il vaut mieux avoir tout sous la main devant soi, les chats aimant le calme et les rituels, et cela gagne du temps.

Découvrir les limites, reconnaitre les dangers, apprendre…

Je lui montrais aussi les bords de la piscine et des tables pour qu’il prenne conscience des profondeurs et des dangers. S’il me faisait mal, ou que le « pattounage » me devenait trop griffant, je lui donnais des pichenettes. Plus tard, je me servais d’un spray avec de l’eau tout en feulant : « schchhiiiiiiii… » lorsqu’il faisait des choses qui pour la suite ne seraient pas autorisées, telles qu’attaquer mes jambes ou mes pieds, sauter sur les étagères et les tables, ou faire des griffades sur les meubles et les murs. Il me suffit désormais de feuler « schchhiiiii » en grimaçant et en montrant « les doigts crochus » pour que mes chats comprennent tout de suite qu’une limite est atteinte.

Ainsi ils ne montent pas sur les tables, n’attaquent pas les jambes et ne griffent rien. Ils se font les griffes un peu sur les arbres au jardin. Les chats peuvent apprendre plein de choses. Mon gros Elvis noir se couche quand je dis « couche » et saute quand je dis « saute ». Il a copié cela sur ma chienne !

Deux nouveaux venus arrivent de nulle-part. Un miracle aussi…

De nouveaux arrivants… bonheur dans leur malheur.

Cependant, je pense que ce qui fit le bonheur et l’équilibre d’Everest, qui aurait été condamné faute de félins autour de lui à s’identifier à la chienne ou à moi, fut l’arrivée inopinée de deux chatons de plus ! Mon frère me rapporta deux créatures orphelines semblables à des chauves-souris, pitoyables de maigreur et de famine.

Je n’ai pas de photos de ce moment, mais quelques jours plus tard nous les avions requinqués de la même manière qu’Everest et voici leurs photos 

Le succès de leur éducation provient aussi du fait, j’en suis sûre, qu’ils ont formé une fratrie d’adoption en pouvant se sociabiliser, jouer et « pattouner » ensemble, et aussi apprendre de nouvelles limites et découvrir des choses de par les autres.

Elvis à gauche et Elvira à droite 

Comme Everest, Elvira et Elvis furent élevés au biberon, avec la difficulté supplémentaire d’une forte sous-alimentation et d’un poids de départ de seulement 80g. Plus tard de même, ils furent sevrés de la même manière et découvrirent les croquettes dans mes mains.

Les chatons visiblement avaient besoin de pauses en tétant. Ainsi nous faisions un roulement, les faisant reposer et les reprenant suivant leur appétit, ayant marqué le nom des chatons sur les biberons afin de contrôler les quantités respectives. Les noirs peinaient à prendre du poids, à faire leurs besoins, et un moment la partie semblait même perdue pour Elvis.

Photo : Tout bien en place pour les tétées et les soins en roulement de nombreuses fois par jour. Les caisses servant à les poser pendant que l’un d’entre eux était soigné. 

Elvis revient de loin, sauvé par sa sœur Elvira, déterminée à survivre, accrochée de toutes ses forces aux pieds et aux mains de mon frère, en lequel elle avait reconnu leur sauveur. Il avait fini par me les amener.

Elvira 

Nous supposons qu’ils furent enfermés dans un garage et qu’ils jeunèrent longtemps. Ils étaient sans leur mère, et fortement déterminés à ne pas lâcher mon frère. Ils rampaient de toutes leurs forces vers ses pieds et tentaient de le suivre, s’accrochaient à ses tongs, cela faisait pitié.

@ suivre :  Episode 3 : sociabiliser un chien de chasse et trois chatons

Source :

Laure de C.

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