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Publié le 10/03/2011 à 22h48

Muntjac sauvé de la boucherie par Nathalie

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Actuanimaux

Voici un nouveau témoignage qui s'ajoute à notre livre d'or des chevaux sauvés de la boucherie par des hommes et femmes de coeur. Muntjac n'est plus mais il a été accompagné jusqu'au bout par Nathalie qui nous raconte cette belle histoire. En fin de récit des conseils précieux pour ceux qui voudraient se lancer dans un tel sauvetage.

J’ai sauvé un cheval de la boucherie en 1997. Muntjac était un trotteur de l'UCPA (club financé par le ministère de la jeunesse et des sports). Et comme tout cheval arrivant en fin de carrière, c'est à dire quand l'animal est trop fatigué pour supporter un cavalier et des heures de travail, il est promis au marchand de viande. A l'époque, j'étais apprentie cavalière dans le club de St Léger en Yvelines. J'y montais en reprise deux fois par semaine pour apprendre à tenir sur le dos d'un cheval. Mon objectif était alors de pouvoir me promener en forêt, tout simplement. Quand j'ai su par une monitrice que plusieurs chevaux partaient "en retraite" (pour reprendre ses termes), j'ai mobilisé une équipe de 8 personnes pour les sauver, leur trouver des acheteurs et des pensions sérieuses à prix raisonnable. Tous les chevaux trouvèrent leur ange gardien, sauf Muntjac. Malgré ma situation matérielle incertaine, je ne pouvais laisser partir Muntjac à l'abattoir, cette idée m'était intolérable. J'ai donc pris la décision qui s'imposait à moi et le jour J, je l'emmenais dans une ferme détenue par un petit éleveur.

A 18 ans, il n'avait connu que le box, il s'est peu à peu métamorphosé. Après une période d'adaptation d'un mois durant lequel il dépérissait (il avait perdu 50kg), il a repris confiance et envie de vivre. Peut-être grâce aux carottes que je lui apportais chaque jour. Il a retrouvé la joie de se rouler par terre, tout étonné de ne pas se coincer les pieds quelque part. Il s'est vite intégré dans le groupe de chevaux hongres avec lesquels il était sorti chaque jour, puis il s'est mis à "draguer" les jeunes pouliches de l'éleveur en hennissant et se cabrant à leur approche. Tous les visiteurs et le personnel de la ferme le trouvaient adorable de gentillesse. Il m'accueillait toujours avec de petits "grognements", me léchait les mains et me volait le pain sec que je coinçais dans ma bouche. Ensemble, nous allions nous promener en forêt (le manège et la carrière, il les avait trop connus) et nous avions beaucoup de plaisir à trotter dans les larges allées, débusquant parfois un lièvre, un chevreuil ou un cerf. En vieillissant, il est devenu cardiaque et j'ai cessé de le monter. C'était devenu trop dangereux pour tous les deux. A l'âge de 28 ans, il a hélas fait une mauvaise colique à la fin de l'été et j'ai du faire abréger ses souffrances. Malgré des périodes de chômage prolongé et de difficultés financières sévères rencontrés au cours des 10 années passées avec lui, je ne l'ai jamais abandonné. J'avais pris l'engagement de lui éviter la boucherie, j'ai assumé mon choix jusqu'au bout, quitte à me priver de tout. Toutefois, je crois que les adoptants d'équidés devraient pouvoir s'appuyer sur une structure associative pour qu'en cas de grands soucis financiers, ils puissent faire appel à elle. Il me semble en effet que beaucoup d'animaux sont délaissés ou abandonnés quand leurs propriétaires ne peuvent plus temporairement assumer. Eh oui !! Tous les humains n'iront pas se priver de manger pour payer la pension de leur compagnon équidé. Je ne regrette rien de cette expérience, mais cependant aujourd'hui, j'attends de sécuriser ma situation financière pour pouvoir, à nouveau, sauver un autre équidé. Recommandation : un cheval doit pouvoir accéder à un pré assez grand et stable pour pouvoir y trotter. A défaut d'être rentrée en box à la mauvaise saison, il doit bénéficier d'un abri avec de la paille proche en quantité. Au pré, son alimentation doit être enrichie en céréales : orge, avoine,...

Un cheval seul s'ennuie et peut développer des pathologies. Pour éviter tout accident grave, mâles et femelles ne doivent pas être parqués ensemble, et les animaux doivent être déferrés de l'arrière train. Prévoir en plus de la pension : soins de maréchalerie (parure minimum toutes les 6-8 semaines, plus éventuellement ferrures avant), soins vétérinaires (vermifuge bi-annuel, vaccins,...), assurance responsabilité civile (pour les dégâts occasionnés par l'animal le cas échéant). Attention : passé 20 ans ou légèrement handicapé, un cheval n'intéresse plus grand monde ; il faut donc pouvoir l'assumer jusqu'à la fin de sa vie. Un cheval est plus sensible qu'un chien : il ressent votre état émotionnel plus fortement et stresse donc plus facilement. C'est un animal d'une grande sensibilité qui apporte beaucoup à son propriétaire. Voilà, j'espère que mon témoignage sera utile et pourra aider de futurs adoptants à prendre les bonnes décisions. Nathalie

Source :

Actuanimaux

Contributeur Sophie L.

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