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Publié le 25/03/2012 à 21h33

Lévriers : 4 jours 4 nuits dans un refuge

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Muriel /Lévriers Sans Frontières

Voici le témoignage de Muriel qui a accompagné un convoyage de Galgos d'Espagne vers la France avec l'équipe de Lévriers Sans Frontières.

Voici le témoignage de Muriel qui a accompagné un convoyage de Galgos d'Espagne vers la France avec l'équipe de Lévriers Sans Frontières. Muriel a déjà témoigné à plusieurs reprises pour Actuanimaux. Elle nous avait raconté ses adoptions dans son style chaleureux et spontané, aujourd'hui elle nous fait vivre comme si nous y étions ce court séjour dans un refuge espagnol, quatre jours et quatre nuits parmi des Galgos rescapés d'où ont été extraits un certain nombre de nos filleuls avant d'être délivrés et promis à un meilleur avenir grâce aux associations, grâce à vous tous leurs parrains. "Ca y est, Nous arrivons à ce refuge. Nous roulons très lentement dans cette longue allée sableuse jusqu'à ce grand portail clos que nous aperçevons tout au bout. Un bénévole vient nous l'ouvrir pour laisser entrer notre voiture et le camion qui nous accompagne. Nous sommes attendus. Nos yeux s’écarquillent, nous voulons tout voir. Nous tournons la tête de tous côtés, assises dans cette petite voiture avec laquelle nous avons fait le trajet depuis l'Est de la France jusqu'au sud de l'Espagne. Un don cette voiture, non pas du ciel mais de la part d’une généreuse donatrice Française, qui désireuse de changer de véhicule, a gentiment offert celui-ci au refuge. 

lévriers galgosIls vont être sacrément contents les bénévoles de ce refuge. Leur vieux tacot a rendu l’âme il y a plusieurs mois. Nous avonsconduit à tour de rôle, lorsque l’une était fatiguée, une autre prenait le relais. Nous avons tout de même les épaules raidies de tant d’heures de route malgré les quelques arrêts... « spécialité gonzesses » dont nous seules avons le secret toutes les deux heures. Pourtant, étrangement, Plus aucune de nous n’a envie de faire pipi. Quel silence maintenant dans cette voiture. Ce mutisme dans lequel nous sommes claustrées toutes les trois est à l’inverse de l’atmosphère des 12 dernières heures passées ensemble dans ce tout petit habitacle. Nous avons cet indéniable talent de ne laisser aucune place au silence si nous en avons envie, néanmoins, à cet instant si le moteur était éteint, on pourrait entendre battre nos cœurs dans nos poitrines. A droite de cette allée, une route en contrebas. Une usine aux cheminées fumantes, grise et sale au milieu de quelques hectares de terrains vagues. Sur notre gauche, les enclos des chiens. Enclos cernés de vieux grillages métalliques qui tiennent debout, on se demande comment. A croire que ces bouts de fils de fer entrelacés, tout tordus par le poids des chiens en appui font tout ce qu’ils peuvent eux aussi pour tenter de protéger le plus possible ces pauvres bêtes rassemblées là par dizaines.

lévriers galgosCes dizaines de chiens pour lesquels la seule distraction en dehors de l’heure de la distribution du repas n’est autre que de regarder le peu de voitures passer dans cette allée, soulevant des nuages de poussière leur faisant cligner les yeux. Le lendemain matin, après avoir fait le tour de ce refuge et constaté oh combien il est réellement précaire et vétuste, nous déchargeons du camion les sacs de croquettes récoltées au cours des animations, les pansements et autres compresses pour fournir un peu l’infirmerie. Nous en extrayons également les cartons remplis de couvertures et de manteaux fabriqués par toutes les petites mains bénévoles qui ont si gentiment œuvré des heures durant à s’en user les yeux. Pour eux. Tout ça, c’est pour eux. Pour ces loulous au regard si triste que l’on voit grelotter. Pour eux qui nous observent derrière ces enclos bringuebalants. Oui, pour eux auxquels les hommes ont montré que la vie n’est pas un cadeau, cassant la confiance qu’ils offraient aux humains en les tabassant, les torturant, les affamant. Lévriers sans frontières est venu chercher une trentaine de ces chiens qui remonteront dans le camion de l’espoir en ce mois de Janvier si froid en Espagne. Une trentaine de lévriers auxquels nous allons offrir ce que nous avons de plus grand, notre cœur.

lévriers galgos Nous sommes restés quatre jours en ces lieux. Quatre Jours et quatre nuits. Quatre Nuits à entendre les chiens hurler à la mort et se battre, à savoir qu'ils étaient tous frigorifiés par ces basses températures et à ne rien pouvoir faire pour les réchauffer. Quatre nuits à se réveiller chaque heure en sursaut par les cris de ceux qui se font déchiquetés par les plus forts. Quatre nuits à taper sur le mur de la pièce dans laquelle nous dormions juste derrière une paroi du refuge en espérant qu’ils nous entendent et qu’ils se calment.Qu’ils lâchent celui qu’ils tenaient entre leurs crocs et sur lequel ils s’acharnaient , que l’on retrouvera certainement mort au petit matin La quatrième nuit à serrer les mains à plat sur les oreilles en criant « assez, assez, j’en peux plus d’entendre ça ! »

Une nuit, Vincent, l’un de nous est sorti, espérant les calmer mais dans cette nuit noire, impossible de discerner quoi que ce soit. Quatre jours à emmener les blessés se faire recoudre à l’infirmerie où un vétérinaire mal payé à cause du peu de moyens et débordé ne peut pas tous les soigner. Quatre jours à conduire à cette même infirmerie les chiens malades, atteints par la toux du chenil recevoir un minimum de traitement. Quatre jours à changer les couvertures trempées d’urine et d’excréments dans leurs paddocks délabrés, aux baraquements de planches de bois si détériorées qu’ils tiennent à peine debout. Quatre jours à mettre des manteaux aux plus gelés et aux plus frêles d’entre eux. Ces manteaux sur leur dos ne tiendront peut-être que quelques heures parce qu'en jouant ou en se battant ils tomberont sur ce sol terreux et crasseux . Est-ce que ce petit Galgo tout noir au corps meurtris par les morsures d’un autre, si maigre, si faible, se souviendra de la chaleur de mes bras ? Est-ce qu’il gardera en mémoire la délicatesse de mes caresses sur son crane et tout autour de ses oreilles si froides ?

lévriers galgosEst-ce qu’il n’oubliera pas la tonalité piano, douceâtre presque mièvre de ma voix ce jour là quand je lui susurrais à l’oreille que maintenant tout irait bien en l’espérant si fort que les larmes coulaient sur mes joues parce que je savais que je lui mentais. Est-ce qu’il y en a qui ont compris qu’on n’était pas tous des salauds, quand je baissais mes yeux et regardais mes bottes parce que les plus apeurés n’avaient pas le courage de soutenir mon regard. Je ne suis pas croyante, mais mon Dieu si tu existes, s’il te plaît fais en sorte que l’homme soit moins arrogant et moins méprisant. Plus aimant et n’inflige plus autant d’inutiles souffrances. Si pour vos vacances, votre destination n’est pas encore choisie et que vous voulez vous rendre utile, où près du lieu où vous résidez je vous conseille de passer, quelques heures, quelques jours dans un refuge en perdition. Apportez votre aide, quelqu’ elle soit, je suis sûre que les bénévoles trop peu nombreux vous en seront reconnaissants." MURIEL WIEN

 

Source :

Actuanimaux

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